Maléfice sur la Loire

Elle surplombait la Loire. Le vent soufflait dans sa longue robe et elle se laissait emplir de sa force. Elle sentait une puissance gonfler en elle. Elle n’était pas toujours forte, loin de là. Mais en cet instant, elle se sentit redoutable. La tempête grondait, au loin. Peut-être serait-elle prête à affronter tous les maléfices de ce monde.

L.W.

Fétichisme du passé

Enserrée dans son corset, elle éprouvait de la lassitude. Non pas par rapport à son amant – oh non ! – mais envers le monde qui l’entourait. Le tissu souple mais solide de son corset l’étreignait d’une douceur ferme, qui contrastait avec l’oppression étouffante de la société autour d’elle. Lasse. Elle était fatiguée de lutter.

L.W.

La fée de la cascade

Elle se savait épiée, bien que la cascade fût quelque peu éloignée de la civilisation. Elle y retrouva toutefois sa solitude bien-aimée, dans les bras de laquelle il lui était toujours agréable de se laisser aller. L’eau apportait une fraîcheur bienvenue, en cette fin de journée d’août. Elle aimait bien y tremper ses pieds, tout en goûtant à l’aura de mystère qui entourait ce lieu au cœur de la forêt.

L.W.

Vacances en 1957

C’était l’été 1957. Depuis leur tournée, elles étaient restées des amies proches. Ce samedi soir, elles étaient parties de Lausanne en cabriolet pour aller terminer leur journée au bord du lac de Bret. Après avoir rafraichi leurs pieds dans l’eau fraîche, elles s’étaient installées paresseusement sur la couverture et avaient entamé leur pique-nique. Du pain, du fromage, du Bordeaux et des rires complices. L’air était doux, ce soir d’été était parfait.

L.W.

Avec DeeLou Violet

La grande vie de château

Pendant cet instant éphémère, elle vécut au château. Cela émoussait son petit monde de fantasmes. Ça n’était pas tant la richesse financière qui l’attirait, non. C’était une autre forme de richesse. Celle des vieux murs. De leur histoire, de toutes celles et ceux qui y avaient vécu, aimé, haï. De quoi peupler son imaginaire de mille et une histoires, de leurs émotions, qu’elle imaginait. Cette richesse, c’était le sublime qui se dégage d’objets qui ont traversé les époques. Fascinants témoins du passé et de ceux qui nous ont précédés.

L.W.

Corset d’Antan

Elle l’attendait avec impatience, elle prit tout son temps pour ouvrir le paquet qui avait été déposé dans sa boîte aux lettres. Délicatement, elle enleva le papier de soie fin et ses doigts touchèrent le tissu de coutil. Précieux mais solide, il avait traversé l’océan et un siècle. Les baleines avaient laissé quelques petites marques de rouille qui avaient traversé le tissu, à certains endroits. Mais cela ne se voyait presque pas. Son histoire était un mystère. Quelle peau avait-il recouverte ? Quelle chair avait-il enveloppée ? Il ne montrait que très peu de traces d’usure. Probablement quelqu’un de soigneux, ou qui l’avait très peu porté.

En partant du haut, elle serra les lacets, progressivement, jusque vers le bas. Le corset épousait parfaitement son corps jusque sur le milieu de ses fesses. Sa détentrice précédente ne devait pas être si différente d’elle, physiquement. Le caoutchouc des attaches était encore en parfait état, elle put y accrocher ses bas. Alors, elle se retourna vers la caméra et fixa l’objectif.

L.W.

Photo : Conteur d’Histoires