Au Salon Bleu

À chaque fois qu’elle se retrouvait dans un de ces endroits marqués par le passé, elle aimait à imaginer des histoires fantaisistes qui auraient pu y avoir lieu. Des pieds avaient foulé le parquet du Salon Bleu depuis plus d’un siècle. Peut-être y avaient-ils dansé au son de l’orchestre, ou fait les cent pas en attendant quelque chose. Ou quelqu’un. Plus de cent ans que des yeux se levaient sur les gentianes et les chardons des fresques Art Nouveau. Sans doute admiratifs, mais peut-être aussi ailleurs, les regardant sans les voir vraiment. Des personnes se sont-elles rencontrées, aimées, fantasmées ou espérées sous ce plafond bleu ? Que leur inspiraient donc ces vitraux colorés ? Étaient-elles choquées, ou admiratives de ce nouvel art ? Elle se demande aussi comment les hôtes du Salon étaient vêtus. Ce qu’ils y ont mangé, bu. Et puis surtout, qu’y ont-ils rêvé ?

L.W.

Au pays des boîtes à musique

À chaque fois qu’elle voyait l’un de ces mécanismes se mettre en marche, son cœur fondait. L’automate rejouait une musique du passé, tandis que les petites poupées sortaient de leur sommeil. Sur cet air de fête foraine d’antan, les danseuses tournoyaient et faisaient de petits bonds. Qu’elles étaient mignonnes. Elle avait eu envie de leur ressembler. Elle avait mis du rouge sur ses joues, et accentué ses cils. Sur les photographies, probablement que son regard trahirait son émerveillement.

L.W.